Vous
trouverez sur cette page, mon credo technique et pédagogique
et l'état d'esprit dans lequel je donne des cours,
ceci pour ceux qui pratiquent déjà avec moi et pour
ceux qui serait tenté de le faire .
je ne prétends pas détenir
la vérité mais après 20 ans d'enseignement, je
profite de ce site pour établir un petit bilan que je choisis
d'exprimer et de faire partager. Je pense que beaucoup de professeurs
ont dû arriver aux mêmes conclusions. c'est au bout d'un
certain nombre d'années qu'un projet pédagogique se
construit, au fil du temps, cours après cours, avec des élèves
tous différents mais si semblables malgré tout.
Que cette réflexion ci-dessous puisse vous encourager dans
votre pratique. Je pense qu'il est bon de s'entraîner avec le
corps certes mais aussi avec la tête. voir la liste
voici une video de trois jeunes du club,
Michael, Jérôme et Paul - Henri qui font un bunkaï du 5e kata.
Ce que j'aime dans leur démonstration, c'est la simplicité.
C'est ce que je recherche dans l'enseignement.
Permettre à un maximum de monde de "réaliser" eu toute simplicité.
Karaté
traditionnel et karaté sportif Je n'ai jamais compris qu'est
ce que l'on entendait par "karaté traditionnel"!
Je crois que ce mot de "traditionnel"
est né pour le karaté en opposition à celui de
"sportif" au moment ou la compétition est devenu un
but pour les occidentaux et non un moyen d'exprimer son karaté
pour ceux qui l'avaient inventé : Les Japonais .
Les occidentaux (et Français en
particuliers ! ) se sont donc servi d'une belle discipline comme vecteur
de leur réussite sociale et pécuniaire.
Ils avaient là un cadre à la mesure
de leurs appétits.
C'est ainsi, que de décennies en décennies,
ils ont incités des jeunes désireux de titres et très
pressés, de laisser de côté, les katas et techniques
jugées inutiles parce que non comptabilisées en compétition.
Au début ( dans les années
60 - 70 ) on a commencé par combattre contre les japonais et
à leur manière, selon leurs règles qui étaient
assez proches du budo, mais comme on n'y comprenait rien , on les a
changés, pour en adopter d'autres plus favorables !
Puis les combattants ont commencé par sautiller
( dans les années 80) pour finir par danser aujourd'hui !
Les techniques de poings partent des épaules,
les coudes s'échappent à l'extérieur du corps,
les techniques de jambes ne sont pas armées pour tomber au sol
sans maîtrise (hiki -ashi ).
Bref ! les compétiteurs ne sont que
des compétiteurs à l'image de leurs motivations qui ne
sont pas celles du Budo, parfois arrogants par leur comportements et
sans véritables techniques foncières !
Il faut faire vite, afin que tel professeur
puisse afficher ses brillants résultats dans le dojo, où
tel compétiteur puisse se pavaner, auréolé de ses
récents titres de gloire, satisfait de lui même comme s'il
était l'égal d'un boxeur amateur qui lui s'en prend réellement
plein la figure ! Voilà
ce qu'est aujourd'hui le Karaté "Sportif" très
loin de l'idée du Budo défendu par les Japonais. Et le Karaté traditionnel dans tout
ça ?
C'est celui des autres, de ceux qui continuent
à faire les katas, mais c'est aussi un peu l'auberge espagnole.
On y trouve les stars des Bunkaï, il y
a les plus traditionnels que traditionnels, les champions du Karaté-
jutsu, les philosophes qui ont tous compris et qui réinventent
le karaté, qui en écrivent des pages dans les journaux,
les " immobiles" ancrés dans leur certitudes, qui ne
font plus de stages avec les maîtres ou quand ils en font, ne
font rien de ce que ceux ci leur disent ou montrent. Ah ! j'oubliai,
il y a aussi ceux qui sont dépositaires de l'enseignement de
tel maître qui leur donnent une raison d'exister etc.....
Et enfin il y a ceux qui suivent une école,
quelqu'elle soit et qui continuent par l'enseignement, l'oeuvre de leur
prédécesseurs en défendant une idée collégiale
, pour peu qu'elle véhicule les valeurs du budo ou du coeur.
Nous ne sommes pas une majorité,
Faire du Karaté avec son coeur
! voilà la vérité !
Karaté
traditionnel : ancien où moderne ? L'appellation " Karaté
traditionnel" ne signifie pas ancien ! Le mot "traditionnel
" n'est qu'une étiquette, qui aujourd'hui alimente les querelles
de clocher !
Le vrai karaté doit être un budo ( avec tous ce que cela
implique...), le vrai karaté se pratique avec des bases ( positions, chudan, jodan, )d es notions fondamentales
du budo ( Kamae, Maaï,
Taï-sabaki, go no sen,
taï no sen, sen no sen ....) des katas et du kumité.
Le vrai karaté doit être
dynamique, fin, précis et généreux ....
Celui qui pratique avec cette idée constamment
présente à l'esprit, peut se confronter à n'importe
qu'elle compétition, afin de se forger sa vérité
pour être à même de la transmettre à son tour
et ainsi contribuer à développer les valeurs du budo puis
de s'inscrire dans la lignée de ceux qui ont déjà
empruntés cette voie.
Le moteur d'un vrai karatéka, doit être
de pratiquer le Karaté comme un budo, avec ces valeurs qui nous
viennent d'autrefois mais qui sont d'autant plus vraies aujourd'hui
qu'elles sont à redécouvrir et que la nature des hommes
restent la même.
Donc il ne s'agit pas de savoir si on fait un karaté
sportif ou traditionnel, mais avant tout, un karaté riche de
toutes ces valeurs et que l'on confronte à n'importe quels types
de situation, à condition que cela corresponde aux idéaux
de la discipline.
Riche de tous ces aspects, le karaté ne doit pas être sportif
ou traditionnel, il doit être moderne, adapté à
son environnement, et fidèle à l'école d'où
il provient.
Les
positions La forme des positions
est très importante, et cela quelque soit les styles .
Ceux dit "explosifs"
( comme le shotokan, wado ryu et shito ryu ) comme ceux plus internes
d'Okinawa.
Les premiers utilisent
la vitesse du déplacements avec explosion de l'énergie
à l'arrivée tandis que les seconds, sont plus axés
sur la puissance et l'endurance physique.
D'où la nécessité
d'avoir dans les deux formes des positions irréprochables, car
c'est de la qualité de celles-ci que se construiront les
techniques en général et plus particulièrement,
l'aptitude à bien utiliser, la mécanique des hanches,
la fixité où la mobilité des semelles de pieds sur le
sol, la puissance musculaire interne et externe des jambes et le focus
du ventre etc...
Quand on connaît un peu le Karaté d'Okinawa,
on comprend vite l'importance d'un bon Neko ashi dashi ou Sanchin dachi tout
comme il est nécessaire de comprendre en shotokan que bien travailler
les trois positions : zenkutsu, kokutsu et kiba dachi c'est fabriquer
un bon fudo dachi qui contribuera à de bon déplacements
(taï sabaki ) assorti d'une solide puissance d 'impact.
Un
corps sur son axe Tout comme les danseurs, les cavaliers
( l'assiette ), les chanteurs, il est très important d'être
sur son axe, d'avoir le corps placé !
Sur des photos de stage on voit beaucoup
de personnes qui n'ont pas le corps placé ! Mais que signifie avoir le corps
placé ? Le bassin, la colonne vertébrale
et la tête doivent être sur un même axe vertical afin
de développer un bon mouvement respiratoire dont l'action commence
( inspiration) au niveau de l'estomac (Hara - Tanden) qui facilitera
la concentration donc la vigilance, donc la sérénité
nécessaire a une bonne prise de décision pour une action immédiate
et dans l'instant.
Si l'on est en position fudo dachi et que le
corps est "placé", il sera aisé de mettre son
esprit sur la partie que l'on veut solliciter sans avoir à basculer
le buste d'avant en arrière, ou de ramener un pied pour agir.Il
suffira juste de porter son axe sur le pied avant si l'on veut démarrer
une action en kaeshi ( par exemple : Oï-tsuki ou mae geri ...)
où sur le pied arrière si l'on veut démarrer en
iori ashi pour frapper soit de la jambe avant ou en gyaku tsuki.
Pour bien maîtriser ce placement du corps sur
le centre de gravité, il faut travailler les positions de base.
L'erreur qui vient souvent est de dire que sur un Zen kutsu dachi le
poids du corps est 70 % sur l'avant tandis qu'il en irait de même
avec Kokutsu sur l'arrière. C'est faux, c'est le centre de gravité
qui doit être selon la position en avant ou en arrière
plutôt que le poids. Cette notion est très importante si
l'on veut avoir une position de combat qui puisse supporter un bon Kamae.
Donc en résumé : placer son corps c'est avoir une bonne
conscience de son centre de gravité et faire en sorte qu'il
y ait le moins d'amplitude possible entre celui ci et le mouvement que
l'on veut exécuter.
Le travail des hanches
En karaté, la position des hanches est fondamentale pour l'ensemble des techniques de bras, de jambes ainsi que pour les déplacements (positions, esquives, et propulsions ). On note deux champs essentiels d'application du travail des hanches:
un plan horizontal ( Rotation : hanmi et Gyaku hanmi ) pour le travail des bras et vers l'avant ( pour les coups de pieds ) afin d'obtenir un maximum de longueur. un plan vertical ( maintien des hanches vers le sol ) pour les techniques de Jambes, maintien de la hauteur des hanches lors des déplacements.
Lors de l'entraînement, le pratiquant doit bien veiller à ces points fondamentaux, s'il veut comprendre la mécanique du karaté.Car les hanches sont les gardiennes et aussi le vecteur de l'énérgie d'une technique, une fois celle-ci générée par l'impulsion des semelles de pieds .
Toutes les techniques de karaté ( atemi, blocage, déplacements, coups de pieds etc...) sont concernées par les hanches. Donc si vous souhaitez avoir une bonne technique générale, vous devez rester vigilant quant au travail des hanches.
Hanmi (ou shomen ) et Gyaku hanmi :
en gros il s'agit de l'effet de la rotation des hanches. Le but est de se servir de celle-ci, pour véhiculer l'impact d'un tsuki ou d'un blocage. Un exemple d'application significatif : "Se mettre en position zen kutsu dachi en effectuant un Gedan baraï du même côté que sa jambe avant et enchaîner avec un Gyaku Tsuki Chudan de son bras opposé".
La respiration
La respiration est la technique ne doivent faire qu'un !
En principe, on inspire au moment du blocage et on expire lors de l 'attaque. Pour appréhender de façon correcte le travail respiratoire, il est conseillé de travailler le kata Hangetsu qui est un kata approprié.
Bien que difficile ce kata est enseigné par la JKA dès le troisième kyu, car pour devenir shodan, le pratiquant doit à défaut de maîtriser, connaître le principe de travail de respiration. La maîtrise de la respiration contribue à la maîtrise de ses émotions, tacher d'avoir une bonne respiration c'est être concentrer, dans l'instant, en harmonie avec les mouvements de l'adversaire. Dans le travail des kata et d'Hangetsu en particulier, il est bon de s'entraîner à différentes actions de respiration : - inspiration rapide avec expiration longue - inspiration longue avec expiration rapide - inspiration rapide avec expiration rapide
- inspiration longue avec expiration longue
Quelque soit la technique exécutée, il est important que le mouvement respiratoire soit en total accord avec celle-ci, elle démarre en même temps qu'elle et termine de la même façon.
Reprenons le kata Hangetsu et son premier mouvement !
Lors des entraînements, je vois souvent l'esprit de certain élèves, lors du premier mouvement ( uchi uke - hangetsu dachi) se porter d'abord sur la position, puis se fixer sur le blocage et pour revenir sur la position, et finir par constater qu'il a complètement occulté la respiration !
Alors qu'ils doivent dès la prise de décision de l'éxécution de ce mouvement :
inhaler
, armer uchi uke, descendre sur la jambe d'appui , le tout en même temps pour arriver de la même manière.
Grâce au travail du kata, on peut vraiment progresser dans ce domaine.
Le kihon
C'est le travail de la technique proprement dite
Aujourd'hui dans beaucoup de club de Karaté, en France, il est courant de voir deux types d'approche, qui se banalisent malheureusement trop :
la première est de travailler les techniques directement face à un partenaire et la seconde est de faire des enchaînements pour les enchaînements, plus ils sont complexes plus on est content !
Mais quel doit être le but du kihon?
Le but du kihon est d'aider les élèves à progresser et à rendre leur corps adapté à la pratique du karaté. C'est pour cela qu'un bon kihon, doit être simple et progressif. Si vous souhaitez progresser et faire un kihon vous même, je vous conseille de choisir un kata et de le trancher et de répéter les techniques selon les points fondamentaux décris sur cette page.
Dans mon travail de professeur, je m'attache à faire des kihon qui me permettent de communiquer avec les élèves et d'insister sur les points important de chacun des mouvements. Souvent on voit des professeurs, qui, à chacun de leur cours , font un nouveau kihon alors que souvent les élèves ont besoin de re-travailler les mêmes choses plusieurs fois afin que les sensations puissent se pérenniser dans l'esprit du pratiquant.
Durant l'entrainement, comme le rendre efficace !
Quand vous vous entraîner, il est important d'avoir un but !
Par exemple, en adoptant l'attitude suivante :
aujourd'hui je vais me concentrer sur mon genou avant, une autre fois, je fais attention à garder les coudes serré le long du corps quand je fais des tsuki....
Dans le Kihon comme dans le kumité et kata, le mental tourné vers la progression sans qu'elle soit tout est un facteur déterminant pour avancer.
mais quelque soit le rythme demandé par l'instructeur, vous devez toujours respecter les points suivants :
Points importants - Au départ de la technique, sa tension doit être au niveau 0 pour arriver en fin de course à 100.
- Quand vous avancez, reculez, changez de direction, vous devez poser votre position et exécuter vos techniques de bras, simultanément !
- Veillez à toujours être rigoureux dans la forme de vos techniques.
- Être rigoureux sur les niveaux Jodan : viser la lèvre supérieur, le milieu du front ou la temple Chudan : le plexus solaire, ou les flancs Gedan : l'abdomen, les parties, les genoux.
La notion d'hikité Hikité signifie la technique qui suit, quand l'une meurt, en naît une suivante ! Cette notion d'hikite s'apparente par exemple à la garde du boxeur !
Quand le boxeur est en garde, le poing droit est le hikkité du poing gauche, et inversement selon le côté d'ou part la première technique. Le hikkité est aussi important que la anse d'un pichet, il est là, mais il ne doit pas se faire sentir. Comme la anse du pichet, si elle disparaît, ce n'est plus un pichet ! De même, le karaté sans hikkité, ce n'est pas du karaté la première expression du hikkité pour un débutant c'est avec le Tsuki (choku tsuki par exemple ), le poing opposé à la technique est tiré sur le flanc gauche si l'on exécute un tsuki droit et ceci alternativement !
mais comme l'a montré senseï Kase dans son travail, l'on peut faire un tsuki gauche et armer hikkité en shuto ! c'était tout le sens du travail de ce grand Maître .
Hikité, ou la technique qui suit !
Une bonne compréhension du hikité permet d'aider à la compréhension des katas et surtout de leur bunkaï. A quel niveau ?
prenez toutes les techniques doubles des katas, qui se distinguent de celles ayant des hikité plus traditionnelles.
Comme les premiers mouvements de certains katas comme heian Yondan, jion,.
Le hikité ( avec son sens de la technique qui suit ) explique
Le contrôle où la philosophie du Karaté La notion de contrôle est très souvent, une notion mal comprise de la part des non-pratiquants et à fortiori des débutants qui arrivent au dojo.
Combien de fois il m'a été donné de rencontrer des gens qui vous disent : " mais au karaté, je croyais que vous ne deviez pas toucher", sous -entendu que la discipline était plus philosophique dans le genre "peace and love" que dangereuse et donc efficace !
Oui le contrôle en karaté est une philosophie, mais pas celle que l'on croit.
Tout comme un sabre tranche, un fusil de chasse tue, le karaté est une arme et doit être travailler en tant que tel ! On voit trop de gens qui pratiquent une discipline de combat, avec l'esprit axé sur le fait qu'ils ne doivent pas faire mal pas blessé le partenaire, ou qu'ils ne doivent pas être blessé, si bien que l'on a une grande majorité de pratiquant qui disent : "Je pratique le karaté, je pratique le ju-jitsu...." alors qu'en fait, ils jouent au karaté, " jouent au jujitsu mais ne le pratiquent pas réellement ! C'est la qu'intervient la notion du Budo ! Pratiquer avec un mental de guerrier, développer son art pour soi-même , apprendre à le maîtriser pour soi-même, tel doit être l'état d'esprit du vrai pratiquant ! peaufiner son karaté, comme on aiguise son sabre, ou l'on nettoyé son fusil !
Alors souvent, quand je dis ça, on me dit : "Mais c'est pas bien ! c'est pas moral !, on peut faire du mal ! j'ai peur de blesser mon partenaire...etc...." ce à quoi je réponds, eh bien vous ne faites pas du karaté !
Est ce qu'un chasseur, parce ce qu'il a un fusil, va tirer sur tout ce qui bouge ? Est ce qu'un chasseur va aller à la chasse avec un fusil en plastique ?
eh bien il en va de même pour le karaté.
Ceci quelque soit la personne que vous soyez,
un homme de faible constitution, d'une nature tranquille, une jolie femme plutôt féminine, une personne plus âgé, pas sportive, ou un garçon d'un tempérament plus fonceur voire bagarreur... quelque soit votre état de départ, vous devez vous attacher à devenir une "ATTAQUE où une CONTRE-ATTAQUE "juste, précise, appropriée à la demande de la situation,
A l'entraînement, Vous devez représenter un danger potentiel pour vos partenaires et cela, même si vous êtes une Mamie !
Là ou certains devront se faire violence pour atteindre ce niveau, d'autres devront à l'opposé maîtriser leurs ardeurs, leurs sur-motivation etc...!
C'est en cela que le karaté peut changer l'individu, c'est là que la Philosophie des Arts martiaux (et à fortiori celle du Karaté ! ) réside et non pas, dans une vue très intellectuelle des choses, où il faudrait faire du karaté en fait, sans en faire c'est à dire, -
ne pas attaquer ( mais juste faire semblant !,) - veiller à retenir son bras ( ce qui conduit , le jour ou la situation l'exige la personne à sa perte ! car celle d'en-face elle, ne fera pas semblant )
Mais,
et le contrôle dans tout ça ?
Souvent les débutants, pense que contrôler c'est retenir son bras ! Alors que c'est ce qu'il ne faut surtout pas faire, car si un jour vous avez besoin de vous défendre, c'est ce que l'on risque de faire automatiquement et inconsciemment dans une situation critique. Alors comment contrôle -t on ?
Sur un Tsuki jodan, par exemple, avant d'attaquer il faut identifier sa cible et l'approcher mentalement de quelques centimètres, devant la bouche de son partenaire et attaquer sans retenue
.
Au fil des entraînements, il faut prendre confiance en soi de sorte qu'à chaque fois que l'attaque est exécutée, le bras soit tendu sur toute sa longueur. Dans le sanbon ou kihon ippon kumite, Tori (l'attaquant ) identifie, attaque et s'il s'aperçoit que son partenaire ne pourra pas bloquer, là il retient sa technique. Le fait d'identifier la cible avant l'attaque , et frapper devant c'est cela, le contrôle.
Le Kamae
( où l'idée de garde ! ) Le kamae est la garde en combat, mais pour
les karatékas japonais, héritiers de leur ancêtres,
les samouraïs, c'est plus que cela, c'est la traduction physique
de l'harmonie qu'il y a entre le corps et l'esprit (Fudo Shin)
Un bon kamae est celui qui doit permettre d'agir
sans émotion (Zan shin) de la façon la plus spontanée
et adaptée possible aux circonstances du combat .
Un mauvais kamae est celui qui handicape un
combattant, et par là, l'empêche d'agir avec un
timing approprié.
L'exemple d'un mauvais kamae, très
courant chez les pratiquants, est l'habitude de tenir les bras en avant
dans une position dite "de garde" de telle manière
que l'esprit est davantage dans la position des bras par eux mêmes
que dans l'état d'être par le corps et l'esprit, entièrement
dans l'instant présent, en état de vigilance et concentration.
Le fait de tenir ses bras vers l'avant n'est
pas une faute en soi, à condition d'être aussi sur ses
pieds et d'avoir le sentiment que toutes les cellules du corps sont
disponibles. Si vous portez votre entraînement sur cela, vous
constaterez que ces bras ne demeureront qu'accessoirement en avant mais
relâchés, à leur place, comme chaque partie de votre
corps, disponibles comme chaque cellules de votre corps...vous serez
dans l'état du zanshin points physiques à retenir pour avoir un bon kamae
- garder les coudes prêt du corps, voire légèrement vers l'intérieur
- garder les poings fermé mais sans les serrer, de manière à bloquer devant chaque niveau du corps
- ne tendez pas votre bras trop vers l'avant mais ni trop pliés, juste les maintenir dans une position confortable.
- ne pas mettre de tension dans ses poings, les maintenir légèrement fermé.
Maaï
et Timing ( la danse du temps avec l'espace ! ) La distance pour les japonais
est très importante, on ne peut faire du karaté de façon
efficace que si l'on a une notion importante de la distance.
Quand on débute, un bon moyen d'acquerir
une solide notion de la distance est de s'entraîner à travailler
et à répéter le san-bon kumité ou gohon
ippon kumité (1 attaque sur 3 où 5 pas, blocage
et contre-attaque au dernier assaut ! ).
Si j'ai un conseil à donner pour un débutant,
est de s'entraîner à ce type de kumité, en prenant
garde de ne pas laisser son esprit être influencé par l'extérieur
( exemple : l'apparence ou la réputation de l'adversaire...),de
s'investir physiquement dans chacun des assauts, et de ne se concentrer
au départ, que dans son kamae ( ici la position hachi dachi où
shizen taï ), arriver à poser son regard sur le visage de
l'adversaire sans se fixer sur ses yeux et d'attendre ...disponible,
comme un sprinter le ferait avec le son du pistolet qui doit donner
le départ, le corps relâché, en état de vigilance.
Si ce sprinter attache uniquement son esprit au départ
de ce son, il aura un temps de retard. Son esprit doit être également
réparti entre ses sens et chaque fibre de lui même
relâché, disponible et vigilant .... TOP départ !
Il en va de même pour le premier assaut dans ce type
de kumité. Si cela doit être Oï-tsuki Jo-dan, restez
tranquille juste avec le sentiment de votre première réaction
en vous, qui arrive naturellement sans y penser mais juste dans l'instant
!
C'est le timing !.
Dans les assauts suivants, ne perdez pas la vigilance,
et apprenez à lire le déplacement de votre adversaire,
son rythme, son attaque, son état d'esprit, et à bloquer
comme si vous pratiquiez un kata, dans le même
état d'esprit avec la technique du blocage en entier, de son
début ( en armant le bras opposé ) jusqu'à sa conclusion.
Si au dernier assaut, l'allonge de votre
bras en gyaku-tsuki, vous permet d'atteindre votre adversaire, c'est
que votre timing et votre distance ( maaï) auront été
efficaces.
Par contre, si votre poing arrive trop loin
de la poitrine de votre opposant et que vous soyez obligé de
pencher le buste en avant , c'est que tout du long de cet exercice
, vous avez subi psychologiquement l'assaut et que vous avez fui .
La distance et le timing, sont étroitement
liés, l'un ayant comme support l'espace tandis que l'autre, le
temps.
Lorsque l'on finit par avoir une bonne maîtrise du
san-bon ou Gohon ippon kumité, il est nécessaire de travailler
le kihon ippon-kumité ( blocage sur un seul pas et riposte face
à une attaque ) pour développer les diverses techniques,
de blocages et contre-attaques. Dans cet exercice,
on s'attachera à travailler l'aspect mental du kamae ( à partir de la position, hachiji dachi ), la variété
des blocages et contre attaques ( poings, coup de pieds...) et un bon
timing.
Taï
Sabaki ( déplacement avec finesse ) Dans le combat libre, si vous avez un bon kamae, et
que vous avez développé par votre entraînement une réelle
notion de distance et de timing, il ne vous manquera que les déplacements
:
Le Taï sabaki ou déplacement avec finesse
!
En effet, le déplacement dans le Karaté
Shotokan JKA est primordiale car héritier du kendo et des samouraïs.
Pour cela il est très important de développer les techniques
de déplacements, Iori ashi, tzuri ashi, et kaeshi.
Beaucoup de personnes ne voient dans le Taï
sabaki, que le travail d'esquive, alors que c'est avant tout un ensemble
de déplacements : iori ashi pour se mouvoir, kaeshi pour absorber, esquiver ou comme avec tzuri ashi, démarrer.
Beaucoup ne prêtent pas assez d'attention
à la qualité de leur déplacement. L'essentiel des
pratiquants, posent, ou avancent leur pieds de façon lourdes
et pataudes pour certain ( les adeptes du traditionnels ), désordonnées
et excitées pour les autres ( les sportifs karatékas !).
Alors qu'un bon déplacement possède
ses critères techniques comme les atemi, blocages, balayages
et coup de pieds.
Le kaeshi
ippon kumité
Ce type de kumité est la continuité
du san-bon (gohon) ippon et Kihon ippon kumité. Le but est de développer
physiquement l' entraînement au Taï sabaki dans l'action
( surtout le iori- ashi )couplé au travail de distance et de
timing déjà appréhendés dans les exercices
précédents .Ici, l'attaquant Tori doit s'investir
dans une attaque sincère en junzuki ( sur un pas ) puis bloque
la contre-attaque de uke ( le défenseur ) pour riposter à
son tour. Pour accroître ses capacités intrinsèques
de réaction, Tori devra s''efforcer à attaquer Uke au
maximum, pour le forcer à prendre le temps de bloquer avant de
contre attaquer. Ce temps de réaction créé par l'intensité
de l'attaque de Tori lui permettra de terminer l'action à son
avantage. Tori pourra préserver sa distance d'esquive et de contre
attaque en utilisant iori ashi ou hiki aschi + iori ashi.
Bien s'entraîner dans cet exercice, permet de bien se préparer
aux kumité plus supérieurs : Jyu kumité, jyu ippon
kumité, Shiaï....
Le
jyu kumité et jyu ippon kumité Nous approchons des types de
kumité supérieurs,
Le Jyu kumité est le combat libre mais souple, les
élèves doivent appliquer les acquis des exercices précédents
.La notion de contrôle y est très importante. Les émotions
et leur pulsions doivent être maîtrisés . Il ne faut
surtout pas confondre comme le font certain, cette forme de travail
libre et le combat véritable !
Cela doit être une mise en forme des connaissances,
ou les coups sont contrôlés, les enchaînements testés,
les techniques spéciales répétées, les tactiques
mises au point, tout cela à partir d'un bon son kamae.
Le jyu ippon kumité est le dernier stade avant le shiaï.
Son principal objet est la prise de décision dans l'attaque comme
dans la défense.Tori à partir de la position fudo dachi
(position de combat) doit lancer une seule attaque sans feinte, après
une recherche de distance sur Uke. Tori doit d'instinct, trouver le
bon moment et la bonne distance pour agir. Tandis que Uke peut soit
bloquer et contre attaquer ( go no sen ), soit esquiver et contre attaquer
ou soit anticiper le moment de l'attaque de Tori, par une attaque dans
l'attaque (sen non sen ).
La
tactique : Go no sen, Taï no sen, Sen no sen (en cours de rédaction) Ces trois notions se développent
au travers des différends kumités :
Le go no sen ou l'utilisation du blocage, est la forme la plus naturelle
quand on possède peu d'années de Karaté ou que
l'on se sent peu sûr .
Le Taï no sen, concerne l'esquive
Le sen no sen est l'anticipation, l'attaque dans l'attaque, autrement
dit l'idéal du karaté !
La
pratique du kata :
Il y a une vision très occidentale à propos du kata.
En fait on s'acharne à l'expliquer par
des bunkaï très compliqués, alors que l'essentiel
du Kata tient dans son exécution! Avoir un "Karaté juste", maîtriser des techniques au millimètre
sans les déformer, c'est là que se situe l'essentiel de la pratique
du kata .
L' exercice le plus difficile est d'en exécuter un, seul devant un public
(par exemple, devant d'autres pratiquants du dojo, où le professeur,
lors d'un passage de grade ou d'une démonstration etc...) sans en déformer
le rythme, les techniques et les positions, et en exécutant le
tout avec du Kime !
Un peu comme une personne qui transporterait un récipient , d'un point
à un autre sur un terrain escarpé sans renverser une goutte d'eau!
Le challenge du karatéka durant l'exécution d'un kata
sera de maîtriser ses émotions afin de le reproduire de
la façon la plus conforme aux critères de l'école
auquel il appartient.
S'entraîner à pratiquer le kata selon
des règles que l'on s'impose c'est donc s'entraîner corollairement
pour le combat. Le bon combattant est celui qui gagne dans la maîtrise
de ses émotions ( peur, colère, désir de vaincre ... ) et qui est présent
au moment du combat de la même manière et avec la même
concentration qu'il pourrait l'être lors de la démonstration
d'un kata ! Qu'est ce que le kata ?
Il est la mémoire d'une école, sa substance, son livre
technique !
Il entraîne et forme physiquement le corps à l'usage
d'un karaté efficace.
Chaque mouvement à un sens, il faut donner un sens à chaque mouvement.
Qu'est
ce que le Bunkaï ?
Il devrait être le sens des
techniques inscrites dans le kata, mais par un effet très occidental
et surtout français, beaucoup s'acharnent à donner des
explications très intelligentes mais aussi très compliquées
aux divers gestes contenus dans un kata et qui finissent par ne plus
ressembler au mouvement originel
Tout cela parce que l'on ne sait pas faire
confiance aux japonais qui ont créé l'école, alors
qu'en fait on n'a pas compris véritablement le sens foncier du Kata.
Alors on reproduit les même schémas
que les femmes savantes de Molière, sous le regard amusé
des japonais.
Le mouvement du kata n'est devenu
qu'un prétexte à une démonstration magistrale!
Alors que ce que nous ont proposé
les japonais en faisant connaître le Karaté, c'est certes
de comprendre le sens des katas, mais surtout de les pratiquer.
Un mouvement = un sens,
c'est suffisant !
Prenons par exemple,notre école
Shotokan qui comporte une vingtaine de kata.
Si l'on multiplie ces 26 katas par autant de mouvements que chacun d'eux
contiennent, et que l'on donne à chacun de ceux ci un seul sens,
simple, réel et applicable que l'on répète celui ci, que l'on
s'y entraîne et puis qu'on l'enseigne jusqu'à ce que l'élève ait
tout assimilé,
Ne croyez vous pas qu'il y a là,
de quoi travailler toute une vie ? Moi je le pense. Donc
pour conclure, le karaté est une voie, le kata en est l'expression,
il est un moyen de se concentrer, il ne veut pas dire qu'il est la condition
absolue pour être un bon combattant mais il permet s' il est bien enseigné,
à beaucoup d'individus (du plus faible au plus fort) de se débrouiller
en combat.
Voilà ce qu'est selon moi, le Kata et à fort iori le
karaté.
Que ce petit texte donne à ceux qui se posent des questions
sur l'utilité des katas, des raisons de les pratiquer. Continuer
Pratiquez les face à
vous même ! Et en vous même ! et seul devant d'autres sans commettre une faute
et renverser une goutte d'eau ...
Les
trésors du karaté: Le kamae, Maaï, Timing, Taï-sabaki,
technique et tactique (en cours de rédaction)
Règles
à se fixer pour une réelle progression personnelle (en cours de rédaction) Les règles
que j'énumère ici, sont le fruits de mes propres constations
, que j'ai souvent remarqué en 20 ans d'enseignement, dans le
comportement des élèves ou lors de stages. Elles sont
deux sortes :
1- Sur l'entrainement
lui même 2- Sur les comportements
durant les entraînements et les stages.
1- Sur
l'entraînement lui même :
- Fréquence d'entrainement : 2 fois minimum par
semaine - Si on veut progresser rapidement : s'entraîner le
plus possible, les premières années
- Être rigoureux dans la forme de chaque technique et s'attacher
à une bonne exécution
- Ne pas travailler seulement avec le corps mais avec la tête,
en dehors du dojo, penser aux techniques, y repenser...
- En dehors du dojo, continuer à faire du Karaté
soit en pensée mais aussi en faisant quelques mouvements dans
un coin isolé à l'abri des regards, c'est un bon moyen
de progression.
- Quand vous entrez dans le dojo, oubliez votre propre personne
et arrivez avec l'esprit d'un bébé. L'égo est un
obstacle majeure à la progression.
- Lors du kumité, toujours regarder le visage de son adversaire,
s'investir et réagir ( avoir une réaction ! ) à
chaque blocage. Toujours maîtriser son émotion afin de ne
pas bloquer trop tôt.
- En Jyu - kumité, ne pas se sentir obligé d'agir, d'attaquer
à tous prix, cela devient de la sur-motivation ce qui révèle
un grand état émotionnel ( Peur ! ). Les personnes
ayant un tel comportement expose leur partenaire et elle même
à des blessures. Le combat, comme le reste est une question d'apprentissage,
on commence au début avec du déplacement et peu de techniques.
- Travaillez les répétitions de mouvements, comme
si chaque temps ( ou kata ) étaient uniques.
- Respecter l'étiquette sans en faire trop.Lors des saluts,
se concentrer sur la forme de son seiza mais aussi de son salut, en
agissant ainsi, la pratique aura déjà commencé
et l'esprit sera déjà réceptif.
2- Sur les comportements durant les entraînements
et les stages:
- Comportement à propos du salut :
- Éviter de se mettre en seiza de manière machinale, de s'incliner
sans se concentrer sur la forme du salut ou de l'exécuter avec
une révérence religieuse. Le salut en karaté n'est
pas religieux par contre il doit être exécuté correctement.
Au début du cours, il est le "COMMENCEMENT",
à la fin il en constitue le "POINT FINAL".
Entre ces deux instants, une bonne exécution
constituera une parenthèse palpable dans le quotidien.
- Ne pas être désinvolte dans l'application de l'étiquette
en karaté, car elle est l'expression du savoir vivre dans la
discipline comme l'est, la politesse dans la vie courante.En cela, elle
révèle le caractère des personnes. Pour une personne
attentive, la façon de saluer de chacun, est riche en informations. - Comportement avec autrui dans un stage où un cours :
- Se concentrer avant tout sur soi avant de s'occuper des autres
! On voit trop de gens qui sont plus attachés aux erreurs que
sont susceptibles de commettre leurs partenaires qu'à la qualité
de leur propre travail !
- Ne pas parler lors d'un travail, mais se concentrer sur son rôle
selon que l'on est Tori (l'attaquant) où Uke, le défenseur.
- Ne pas donner de conseils.
On vient à l'entrainement pour sa propre progression, pas pour
celles de ses partenaires.Pour cela on devient : Professeur !
- Regarder son adversaire avant une attaque, l'éxecuter
avec sincérité, en essayant d'atteindre son objectif et
si l'on constate que son partenaire est battu : Contrôler.
- Ne pas faire de feintes si le travail ne requiert qu'une attaque sincère.